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Head on - Gegen die Wand

Film allemand de Fatih Akin

dimanche 31 août 2008, par Alexandre*Jean-Paul.

Film allemand de Fatih Akin
Avec Birol Ünel, Sibel Kekilli, Catrin Striebeck, Güven Kiraç, Matlten Cumbul
Durée : 2h
Sortie le 21 juillet 2004
Récompensé en Allemagne

Head-on a remporté l’Ours d’or de la Berlinale 2004 et le Prix du film allemand. Ce long métrage a également été primé dans quatre autres catégories : Meilleur acteur féminin (Sibel Kekilli), Meilleur acteur masculin (Birol Unel), Prix de la mise en scène et Meilleure prise d’image.

L’HISTOIRE

Cahit, quarante ans, qu’une tentative de suicide a conduit dans un hôpital psychiatrique, sait ce que signifie « commencer une nouvelle vie ». Drogue et alcool endorment son mal de vivre. La jeune et jolie Sibel est, comme Cahit, turco-allemande et elle aime trop la vie pour une musulmane convenable. Afin de fuir la prison d’une famille dévote et conservatrice, elle feint une tentative de suicide. Mais c’est la honte, et non la liberté qui l’attend. Seul le mariage peut la sauver. Elle supplie alors Cahit, à peine croisé à l’hôpital, de l’épouser. Il refuse, puis accepte, à contrecoeur. Pour la sauver peut-être… Pour faire quelque chose de bien dans sa vie. La vie conjuguale se limite au partage d’un appartement, guère plus. Tandis qu’elle savoure sa nouvelle liberté, il voit occasionnellement une ex-petite amie et continue à s’oublier dans l’alcool. Jusqu’à ce que l’amour s’impose à lui comme une évidente voie d’issue…

LES ACTEURS

Le choix de Birol Ünel pour jouer Cahit, un paumé magnifique, s’est imposé comme une évidence. Fatih Akin avait déjà travaillé avec lui pour son premier long métrage, « Rapide et sans douleur », et en avait retiré le sentiment qu’il « glorifiait l’autodestruction poétique, à l’instar de Kurt Cobain et de Jim Morrison »

Trouver une jeune femme parlant turc couramment et disposée à se dénuder devant la caméra, fut en revanche une chose moins aisée, une difficulté collossale même, résolue par la découverte providentielle de Sibel Kekilli, une employée administrative de 22 ans, dans un centre commercial de Cologne, qui donne sa force et sa vérité au film.

CRITIQUE

Avec « Head-on », Fatih Akin, valeur montante du cinéma germanique et représentant de la communauté turque d’Allemagne, réalise une comédie dramatique poignante basée sur le choc de ses deux cultures. Un choc illustré par le parcours de Sibel, une jeune femme éprise de liberté, écartelée entre son envie de vivre sans contrainte et les volontés de sa famille conservatrice.

Un film actuel et explosif qui a reçu l’Ours d’Or au festival de Berlin avant de triompher lors des German Film Awards, l’équivalent de nos César, avec cinq distinctions : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure actrice, meilleur acteur et meilleur directeur de la Photographie.

LA GENESE DU PROJET

Le réalisateur Fatih Akin s’intéressait au sujet de Head-on depuis plusieurs années. C’est une expérience très personnelle qui lui en a donné l’idée : « J’ai eu une petite amie turque, du genre bonne copine, qui voulait qu’on fasse semblant de se marier ». Le cinéaste de Hambourg avait imaginé une comédie, à l’origine.

Tandis qu’il faisait des recherches sur son sujet, Akin s’est penché sur le nouveau cinéma turc. « Ce néoréalisme a produit d’authentiques chefs-d’oeuvre. Ce sont des films graves et forts dans lesquels comédie et tragédie sont intimement liées. C’est vraiment du grand art ». La fascination d’Akin pour ces bijoux cinématographiques filtre à travers Head-on.

CRITIQUE TELERAMA

Télérama n° 2845

Cinéma/ Critique

Head-on

Les amours chaotiques de deux Germano-turcs. Une tragédie humaniste, Ours d’or à Berlin.

Déjà mort ou presque. Pour vivre, Cahit ramasse des bouteilles vides dans un night-club minable. Et pour survivre, il en boit d’autres, pleines. Cercle vicieux. Lent suicide. Cahit, la quarantaine, Turc né en Allemagne, se veut revenu de tout, en partance pour nulle part. Sans amis, sans amour. Quand même, il lui arrive de tout casser autour de lui, si un maladroit ou un inconscient évoque le souvenir de sa femme disparue...

Alors quand cette drôle de fille, Sibel, l’aborde dans un hôpital où ils ont échoué tous les deux après avoir voulu mourir, il la contemple, médusé. Il faut dire que la fille n’y va pas de main morte. « Veux-tu m’épouser ? » lui demande-t-elle tout de go. Une folle. Mais une folle tenace. C’est que Sibel a immédiatement deviné chez ce semi-clochard un être qui fuit, comme elle. Sibel fuit la vie terrifiante que lui promet sa famille turque très coincée, très religieuse, très pratiquante. Même s’il ne parle pas bien la langue, Cahit est turc. Ni son père, ni son frère ne pourront s’opposer au mariage.

Alors, sans bien comprendre ni pourquoi, ni comment, Cahit se retrouve, coiffé, rasé et flanqué d’un pote métamorphosé en cousin, chez ses futurs beaux-parents. « Il n’est pas un peu vieux ? » demande la mère, le seul être à peu près humain dans cette famille de machos intégristes. « Il me plaît », répond Sibel. Beau mariage. Mais mariage blanc. Cahit continue à coucher avec une copine aussi blessée que lui. Sibel drague des jeunes gens pour le plaisir. Pourtant, entre eux, sans qu’ils se l’avouent vraiment, naît l’indicible. Un drôle de sentiment qui va les perdre pour mieux, finalement, les sauver.

C’est un film sombre et clair, qui semble sorti d’une nouvelle de Dostoïevski. Comme chez le romancier russe, les personnages défient le Mal, et, à la fois, y succombent. Mais dès lors qu’ils semblent avoir touché le fond de la douleur, ils trouvent en eux-mêmes une lueur au cœur de leurs ténèbres. Fatih Akin filme une descente aux enfers toute de cris et de stridences. Cahit frappe le bellâtre qui le nargue et qui insulte Sibel, après avoir baisé avec elle. Sibel se fait tabasser longuement par des mecs dont elle aura nargué la virilité. Le réalisateur n’a pas le désespoir elliptique. Ni complaisant.

Dans cette chute, cette mise à mort, une grâce s’infiltre, dont on suit la progression erratique. Aucun rapport, dans la forme, avec l’épure d’un Robert Bresson. Mais lorsque, quelques années plus tard, les deux héros se retrouvent dans une chambre d’hôtel à Istanbul, enfin face à eux-mêmes (lui a appris le sentiment, elle, le renoncement), on s’attend presque à ce que l’homme murmure à sa compagne, comme le héros de Pickpocket : « Pour aller jusqu’à toi, quel drôle de chemin il m’a fallu prendre... »

Pour ce cinquième long métrage (sa troisième fiction), Fatih Akin a obtenu, il y a quelques mois, l’Ours d’or au festival de Berlin. On pourra lui reprocher quelques longueurs, deux ou trois coquetteries. Mais jamais d’être fade ou banal. On aime particulièrement le regard sans indulgence, mais tendre, qu’il porte sur ces éternels misfits, cabossés par la vie. Sa complicité avec les comédiens : Sibel Kekilli, débutante hyperdouée, et Birol Ünel, absolument formidable, mi-Gainsbourg, mi-Pacino, qui, de film en film, semble être devenu l’alter ego du cinéaste. On aime encore le parti de relier les actes de cette tragédie moderne par des chansons ­- un peu à la façon de Noémie Lvovsky dans le récent Les Sentiments. Et l’utilisation de la musique comme une pause dans la fatalité en marche. Ainsi de cette rengaine, susurrée à l’oreille de Sibel en larmes : « Pourquoi pleures-tu, ma jolie brune / Le temps efface toutes les blessures / Alors, jolie brune, ne pleure plus ... »

L’AVIS DE LA PRESSE

Télé Ciné Obs - Jean-Philippe Guerand

Un film percutant, une séance d’électrochoc comme nous en propose trop rarement le cinéma.

Le Parisien - La rédaction

Apre, fort, quasi punk, ce film est une réussite, portée par un duo de comédiens exceptionnels et une excellente bande originale.

A voir à lire - Nicolas Journet

Un magnifique film d’amour réussi. Les acteurs sont excellents et la musique sublime le récit.

Ciné Live - Grégory Alexandre

Une vraie merveille au-delà du romantisme crade et de l’esthétisme de la déchéance. Meilleur film allemand de l’année... ou meilleur film de l’année, au choix.

Le Point - François-Guillaume Lorrain

Un film bourré de vie et d’humour noir qui relève de l’oeuvre inclassable. Les deux comédiens sont formidables de naturel.

MonsieurCinema.com - Camille Brun

Un film fort et passionnant, très bien interprété par les deux comédiens principaux, malgré quelques lourdeurs, digressions et moments d’égarements.

L’Humanité - Emile Breton

Une histoire d’amour sauvage, un de ces âpres mélodrames comme en donnait le cinéma turc au plus beau de sa floraison dans les années soixante.

Télérama - Pierre Murat

Un film sombre et clair formidablement interprété : une grâce s’infiltre de cette descente aux enfers. Malgré quelques longueurs, il n’est jamais fade ou banal.

Le Monde - Thomas Sotinel

Malgré quelques défauts, ce film singulier est marqué d’une réelle sincérité qui maintient l’intérêt et la sympathie.

Le nouvel Observateur - Pascal Mérigeau

Si le film est long, il impose une certaine originalité de ton et s’appuie sur deux remarquables interpètes.

L’Express - Christophe Carrière

Fatih Akin exprime les sentiments avec vigueur. Head-On est déjà son cinquième long-métrage et contient la force propre aux indomptables..

Positif - Eithne O’Neill

Un beau film ambitieux inscrit dans la lignée du roman d’apprentissage qui tend vers la transgression des barrières d’âge et de sexe.

Première - Sophie Grassin

Si Fatih Akin a obtenu l’Ours d’or à Berlin, il le doit surtout à une mise en scène qui gagne en aisance au fur et à mesure que le film avance et à l’alchimie née entre ses comédiens.

Chronic’art - Vincent Malausa

La mise en scène ne décolle que rarement pour atteindre avec peine l’académisme et le trash bon chic bon genre. Sous le faux pamphlet punk et la fausse chronique misérabiliste demeure heureusement un tout autre film, film de personnages et d’acteurs essentiellement.

Cahiers du Cinéma - Charlotte Garson

Le scénario privilégie la voie tragique de l’autodestruction et de l’amour impossible sans sombrer dans le drame social. Le contraste Allemagne/Turquie est réussi, mais la mise en scène présente toutefois quelques faiblesses.

Studio - Thierry Cheze

Ce film brûle d’une fièvre incandescente à l’image de ses deux acteurs principaux.

Les Inrocks - Jean-Baptiste Morain

Le type même de film totalement asphyxiant qui tourne à vide.

L’AVIS DES SPECTATEURS

Kokaeen
Un film qui frappe fort, c’est cru mais c’est efficace et on apprécie. Le cinéma allemand semble se relever ces derniers temps et ce n’est que tant mieux.

alex132551
Head-on ou l’histoire d’une caméra impudique, qui se permet de rentrer dans les détails les plus durs et les plus violents de l’existence. Faith Akin parvient à mêler le cru au doux et l’amour au déchirement. Un film qui ne peut laisser le spectateur indifférent, un de ces films qu’il faut voir, un film de Cinéma, et non un produit purement commercial comme on en voit tant aujourd’hui. Certains détracteurs jugent ce film de pure violence mais il dépasse ce stade et invite le spectateur à une profonde réflexion sur la vie, le mal-être et les différences aussi bien culturelles que sociales. Les acteurs sont tout simplement grandioses, Sibel illumine l’écran par sa beauté mais aussi son charisme face à un Cahit paumé, mais qui se révèle être un homme. Une belle histoire certes triste et bouleversante, un bon film qui mérite l’Ours d’or. A voir...

sunfred
Head-on est un film de contrastes, sombre et lumineux, à la réalisation libre et travaillé, ésthétiquement soigné et crade, dont l’attachement pour ces deux morts-vivants n’est pas sans rappelé l’empathie de Cassavetes ou Fassbinder pour ces personnages. Les deux interprètes aux charmes opposés recèlent une telle énergie et un trop plein d’émotion communicatif, qu’on ne reste pas longtemps insensible à leur histoire, ils sont l’autre grande force de cette magnifique tragédie.

graz
MAGNIFIQUE, CRU, VIOLENT, BEAU, ATTACHANT, SUPERBE, CYNIQUE, EMOUVANT, QUI PREND AUX TRIPES, BOULEVERSANT ; BRAVO !!!

paracelse
Ce film turquo-allemand de Fatih Akin, qui a raflé plusieurs prix (l’Ours d’or du festival de Berlin, le prix de la mise en scène, les prix d’interprétation masculine et féminine des « Césars » allemands), est une histoire violente de rédemption, et paradoxalement, un film plein de vie, servi par deux acteurs magnifiques ! Voici donc la rencontre a priori improbable entre deux turcs allemands - Cahit, un éclopé marginal, malmené par la vie et par là-même ingérable, et qui, à défaut de vivre, survit (impeccablement interprété par Birol Unel, très séduisant dans le genre trash-sexy !) - et Sybel, une jeune musulmane qui aime, elle, trop la vie et ses plaisirs pour pouvoir supporter les pressions de sa famille. Et ces deux là, à partir d’un mariage blanc symbole de liberté pour l’une, dont le contrat semble bien trop lisse pour pouvoir être respecté, vont apprendre à se confronter l’un à l’autre, dans un duo-duel où chacun va vivre au coup par coup, au coup pour coup aussi, dans un corps à corps où importent peu les convenances. En particulier, le personnage de Sybel, en confrontation permanente avec cette vie qu’elle aime et qu’elle déteste trop à la fois (car elle vit et agit avant tout dans le « trop »), bien loin des règles rigoristes de sa famille, écoute avant tout ses impulsions et pulsions, avec un naturel et une animalité qui balayent tout ! Au risque d’être parfois rabaissée au rang de « chose », notamment dans une scène qui n’est pas sans rappeler le personnage de Bess dans « Breaking the waves » de Lars Von Triers. Au risque surtout que cette vie qu’elle aime trop lui échappe… C’est donc une belle histoire de rédemption, même si assez dérangeante (car très violente) par moments, où les deux personnages, très attachants, vont petit à petit évoluer à leur insu… et où leur logique auto-destructrice va faire place à quelque chose d’autre, plus apaisé, qui va leur permettre également de renouer avec leurs racines… Car ce film parle aussi de la difficulté de nos jours pour des immigrés (de première et deuxième génération), de trouver leur place dans la société, entre désir d’émancipation et respect des traditions. Fatih Akin a su éviter le pathos (ce qui n’était pas évident du tout, surtout quand on voit certaines scènes), pour nous livrer un film singulier, sur-vital et instinctif, qui sait bien nous montrer toute l’ambivalence (entre désir de vivre et auto-destruction) vécue par les deux personnages, en proie à une passion qui les dépasse et les malmène. Ambivalence notamment aussi dans leur manière d’aborder l’amour, le sexe, la vie de couple… Et c’est sans complaisance aucune mais avec amour qu’il filme ces deux écorchés de la vie, et qu’il nous livre ainsi un beau film passionnel et sauvage, où les ombres côtoient la lumière, et dont les turbulences ne font pas dans le « tièdasse »... Ca nous change ! Et c’est donc un film à voir d’urgence !

Swazi
Un film très triste, mais très fort, hors des sentiers battus....le meilleur film de l’été sans aucun doute !!! Les deux acteurs principaux sont formidables. A voir absoulument (mais de préférence pas quand on est déprimé, certains passages m’ont tiré quelques petites larmes...).

anatole@coccinelle.org
Un film atypique, beau, violent, noir, passionné, drôle, désespéré, et surtout INCONTOURNABLE ! Sans doute le meilleur film que j’ai pu voir cette année. Une tragédie romantique et réaliste sur deux êtres qui cherchent des solutions et se retrouvent dans l’auto-destruction, tout en gardant un espoir inébranlable en la vie. La solution, ils la trouveront peut être, mais à quel prix, en Allemagne ou à Istambul, les deux décors de l’aventure... Une des forces du film, mis à part un scénario extrêmement fin et bien construit, sont les deux acteurs principaux : Sibel Kekilli et Birol Unel. Mélangeant l’allemand, le turc et l’anglais ils sont tellement impliqués dans leurs rôles et leur interpretation est si juste qu’on en oublie totalement qu’il s’agit d’une fiction. L’un comme l’autre parviennent à succiter une véritable émotion, Sibel au sourire ravageur et Birol en looser à la classe renversante. On pense parfois à « Just a Kiss » le dernier Ken Loach, mais on est ici loin au dessus. Un film boulversant à ne rater sous aucun prétexte !

jojo32tyler
Impressionnant ! Une belle surprise qui donne un bon coup de fraicheur au cinéma très pauvre de cet été (I robot, Spiderman 2, Hellboy,...). Malheureusement, peu de gens vont aller voir ce film, faute de promotion, dommage, car il vaut vraiment le détour si on auime le cinéma !

déjihem
Un chef d’oeuvre, l’un des meilleurs films de l’année. Que dire de plus que ce qui a été déjà écrit ? J’ai encore la gorge nouée par l’émotion...

marialex
Un très beau film. Des scènes souvent dures mais très bien jouées. Un aperçu intéressant sur nos voisins turco-allemands (qu’on connaît plus mal que les américains) mais, au-delà des différences culturelles, leurs souffrances résonnent en chacun de nous. Quelques longueurs mais un bon rythme général.

stephane_cine
Ce film est une pure merveille et il n’y a eu aucun film à l’affiche cette année (à part « Ne dis rien » peut-être) qui lui arrive à la cheville. L’histoire, comme dans beaucoup de chef-d’oeuvres, est assez simple : deux allemands de la deuxième génération d’immigrés turcs, deux personnages à fleur de peau et très ammochés par leur passé et leur mal-être, deux humains en rupture avec leur culture se percutent au détour d’une salle d’attente d’un psychiatre. Ils sont tous les deux presque arrivés en bout de course (ils ont fait une tentative de suicide), mais ils transpirent avec plein de désespoir le désir de vivre, de repartir. Ils vont s’appuyer l’un sur l’autre pour retrouver à la fin leur amour de la vie et d’eux-mêmes. Il y aurait beaucoup de choses à dire mais les principales sont que ces deux acteurs, aujourd’hui inconnus pour nous, sont d’une justesse à en oublier qu’on regarde une fiction, que le réalisateur dont ce n’est que le quatrième film réalise ici avec douceur, finesse et maturité un film à reléguer Ken Loach dans la catégorie « has been », que le scénario est merveilleusement maîtrisé pour qu’aucune scène ne soit inutile dans la construction / destruction / évolution des personnages-clefs. Sincèrement, ne ratez pas ce film, que vous aimiez le genre ou pas, il n’a aucun défaut réellement fondé ou pénalisant. Ce film est vraiment à l’image de son affiche et de son titre : beau, sombre, avec une pointe d’espoir... Bref, un vrai choc frontal entre lui et nous.

dwi.dou
Comique, triste, violent, fou... ce film est tout ça à la fois. Très bon film avec de bons acteurs et un scénario tout simplement tragique ! A voir à tout prix.

tuano
Un film survolté, violent, drôle, glauque et au scénario original dans le panorama actuel du cinéma. A voir absolument !

ParisianSmile
Head-on... ou plutôt « Gegen die Wand » son titre original qui contient plus l’essence du film... Contre le mur, c’est là où a voulu en finir Cahit, mur qui lui permettra de rencontrer Sibel qui le conduira inéluctablement à son point de départ... Un pur bijou que ce film dépeignant deux êtres à la dérive qui trouveront en leur amour une frêle esquive où réfugier leurs peurs et leurs espoirs d’une nouvelle vie. Les personnages sont poignants et l’amour qui les anime est admirablement joué.

wildcat_paris
C’est avec brio et fracas que Fatih Akin illustre la naissance et la survie d’un amour hors norme loin de tous les schémas préconçus. Il mélange le turc, l’allemand et parfois l’anglais avec force pour redistribuer les cartes. Le jeu est chaotique et beau. Sibel Kekilli a un talent et une grâce si naturelle. Vers la fin, Birol Unel brille en arborant - en gros plan - avec une tendre gravité un regard d’un éclat contemplatif à le confondre avec Yves Montand ou Jean-Louis Trintignant. Head-on est simple et cataclysmique, c’est une tragédie romantique. A voir sans hésitation !

Elmira
Quel talent de filmer la déchéance avec autant d’esthétisme ! Quel pari de réunir deux personnages qui n’ont rien en commun, en dehors de leurs racines turques qu’ils cherchent à oublier ! La singularité de ce film n’est pas tant le sujet qu’il traite que la façon dont il est dépeint, et ce grâce à l’interprétation irréprochable des deux acteurs principaux. Un vrai coup de coeur !

sprakanti
HEAD-ON est une histoire d’amour bouleversante, une comédie noire qui nous vient d’allemagne avec des resonances de turquie. cela raconte le mal de vivre d’une génération mais aussi la force de prendre, presque malgré soi, son destin en main et de l’accomplir coute que coute. Deux interpretes, Sibel Kekilli et Birol Unel, fabuleux, fragiles, en état de grace. UN FILM A VOIR ET REVOIR !!!

cameophilie
Décidément, l’Allemagne prend le bon pli de nous envoyer chaque été un intéressant et bon film. Après le nostalgico-rigolo Good Bye Lénin, le cru 2004 est beaucoup plus sombre et poignant. Deux êtres paumés qui unissent leur destinée, l’un pour pouvoir survivre et l’autre pour échapper à une famille à la tradition pesante et envahissante, nous rappelant au passage le dernier film de Ken Loach. Malgré quelques longueurs et quelques traits appuyés, l’émotion et la force finissent par passer notamment lorsque l’action se déplace à Istanbul, où le film gagne en grâce et intensité. Ponctué par des séquences musicales au bord du Bosphore, le film se présente ainsi en plusieurs actes tel une pièce de thêatre. Le jeu des deux comédiens principaux très convaincant, le travail sur l’éclairage et l’utilisation habile des lieux (pas mal de scènes de bar entre autres) emportent définitivement l’adhésion du spectateur. Ours d’or au festival de Berlin absolument pas usurpé.

yilmazp
Rarement un film vous transporte autant que Head on. Ce film est une sorte de Pulp Fiction version plus crue, plus vraie, plus naturelle et surtout moins hollywoodien. Cela est assez jouissif de voir des acteurs se donner à fond dans un film et c’est ce que font très bien Sibel Kekilli et Birol Unen. Le réalisateur nous montre avec un regard très juste (normal il est de cette génération) la difficulté de communiquer entre les immigrés de la 1re et la 2e génération. Les scènes tournées à Istanbul nous montrent également une facette différente du parcours « touristique » que sont la mosquée bleue, topkapi...Je conseille sincèrement à tous et voir et revoir ce superbe film.

tooaddicted
On ne ressors pas de ce film insensible... l’histoire dirigée autour de la déchéance de ses personnages en est violente par ses images et son contenu... mais quel bonheur de nous faire vivre une telle histoire d’amour... Mais Head On n’est pas simplement une histoire d’amour, si belle soit-elle. Elle nous renvoie aussi au problème de la religion et à la pression que la société peut exercer sur nos faits et gestes... un père, un frère reniant leur propre fille parce qu’elle ne rentre pas dans ’le moule’ qu’ils avaient envisagé pour elle... Un film sublime.. Merci

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