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Der Untergang

Un film allemand d’Oliver Hirschbiegel avec Bruno Ganz, Juliane Kohler, Alexandra Maria Lara Genre : Drame - Durée : 2H30 mn

dimanche 31 août 2008, par Alexandre*Jean-Paul.

Ca y est, il est aussi dans les salles en France : "La chute" d’Oliver Hirschbiegel. Ce film allemand sur les derniers jours de la vie d’Hitler a déjà fait couler autant d’encre en France que lors de sa sortie Outre-Rhin en septembre dernier. 4 millions d’entrées en Allemagne, "La chute" a aussi eu du succès en Autriche, en Suisse, aux Pays-Bas et en Pologne. Quel accueil lui réservera le public français ?

Autour du film

Carim : Patrice Esnault

1) Autour du film « Der Untergang » : dans le supplément « Europa-Magazin » de l’édition en ligne de « Deutschland », N° 5 / 2004, on trouve à l’adresse suivante :

http://www.magazine-deutschland.de/mag_eu.php

· un article intitulé « Im Bunker des Bösen » (http://www.magazine-deutschland.de/magazin/DE-Film_5-04.php )

· une interview de Joachim Fest dont le livre « Der Untergang » a inspiré Oliver Hirschbiegel pour son film (http://www.magazine-deutschland.de/magazin/DE-Fest_5-04.php )

· le commentaire d’un historien (http://www.magazine-deutschland.de/magazin/DE-Kommentar_5-04.php )

2) Bande-annonce en allemand : http://www.deruntergang-special.film.de/

Cliquer en bas sur « Trailer » (mais aussi sur « Bildung » pour télécharger un « Lehrerheft » de 52 pages au format pdf qui suggère de nombreuses pistes d’exploitation)

3) Dossiers du Goethe-Institut : http://www.goethe.de/fr/par/friunter.htm

et http://www.goethe.de/kug/kue/flm/thm/de167636.htm

4) le site de la „Gesellschaft für Film- und Medienkritik“ : http://www.der-untergang.de/ propose sur la page d’accueil „Medien, Materialien, Meinungen“.

5) Pour illustrer le film „Der Untergang“, la ZDF propose une animation intitulée « Das Schicksalsjahr 1945 »

http://www.zdf.de/ZDFxt/module/Kriegsende/index.htm
6) Sur le site wissen.de une page de liens consacrés au film « Der Untergang » è http://www.wissen.de/xt/default.do?MENUNAME=Special_GGZ_48 )

7) En marge du film, d’autres liens intéressants (zum Anklicken)
http://www.goethe.de/kug/ges/ztg/prj/60j/de447079.htm

et http://www.epd.de/film/film_index_29911.html

(Frühling für Hitler - Wie der deutsche Film das Dritte Reich und seine Täter darstellt )

Le Synopsis

Berlin, avril 1945. Le IIIe Reich agonise. Les combats font rage dans les rues de la capitale. Hitler, accompagné de ses généraux et de ses plus proches partisans, s’est réfugié dans son bunker, situé dans les jardins de la Chancellerie. A ses côtés, Traudl Junge, la secrétaire particulière du Führer, refuse de l’abandonner. Tandis qu’à l’extérieur la situation se dégrade, Hitler vit ses dernières heures et la chute du régime. (Allocine)

Réactions

Un bon film

Terrible polémique que celle suscitée par le film d’Oliver Hirschbiegel ! historiens et critiques s’écharpent autour de la présentation des derniers jours d’Hitler, dans son bunker de Berlin.

Christophe Prime, spécialiste de la deuxième guerre, considère qu’il s’agit, du point de vue cinématographique, d’un excellent film.

Du point de vue historique, il estime que Hitler ne sort en aucune façon "humanisé" ou sympathique de cette narration, comme l’ont déploré nombre d’historiens ou de critiques.

Alfred Grosser : « Pour comprendre le fanatisme » Ouest- France 05/0105

« J’ai vu ce film sans a priori lors d’une avant première organisée par le Rectorat de Paris, en présence du réalisateur. Je suis complètement entré dedans, et après 2h30 d’une projection extrêmement éprouvante j’en pense le plus grand bien. Même si je me sens un peu seul à le dé

fendre.

C’est le premier film sur la fin d’Hitler, sujet absolument prodigieux, montrant à la fois ce qu’il y a dans le bunker et les horreurs qui se passent dehors. La compréhension du fanatisme, notamment des enfants de 1( ans passe par des films comme celui-là. Quand on voit par exemple que l’on exécute encore des gens alors que les Russes sont à 100 mètres, dehors. Et Madame Goebbels qui empoisonne un à un ses enfants. Ca explique à des jeunes générations allemandes dont les parents n’étaient pas nés sous Hitler, ce qu’a été le fanatisme, cette incroyable obéissance des généraux à un homme qui était dans un état de folie extrême. Il y a peut-être un peu trop de place donnée aux mémoires de la secrétaire d’Hitler, mais je suis tout à fait favorable à ce que l’on diffuse ce film dans les écoles en l’accompagnant. Expliquer, ce serait u autre film. Et c’est déjà énorme de le montrer. Les Allemands ne sont pas les seuls à devoir faire un travail de mémoire. « 

Jean-Pierre Azéma « Le comment sans le pourquoi » Ouest-France 05/0105

« En tant qu’historien, je me dis que ceux qui veulent seulement savoir ce qui s’est passé dans ce huis clos y trouveront ce qu’ils cherchent. Les autres resteront largement sur leur faim. Le film essaie de décrire le comment mais il parle rarement du pourquoi.

Le réalisateur a cherché avant tout à faire une reconstitution à grand spectacle. Une sorte de peplum moderne avec des bombes, l’Armée rouge, des pendaisons, beaucoup d’hémoglobine. Rien ne manque dans ce genre de Crépuscule des Dieux à la Wagner.

Le film n’avait certes pas à faire un cours d’histoire, mais il est toujours un peu limite. On voit Hitler dire ‘Je ne les ai pas forcés, ils m’ont suivi’ C’est intéressant. Même chose lorsqu’il y a aussi une allusion aux camps, ou quand la secrétaire dit à la fin qu’elle ne savait pas. On y est, là. Mais chaque fois qu’il peut y avoir un élément d’explication, le film évacue le terrain.

Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il y a dans ce projet une volonté de banalisation. Mais on sent un vrai refus d’expliquer. Il ne veut pas faire une sorte de cours. Seulement montrer ce que fut ce huit clos de douze jours. Il aurait pu faire autre chose, c’est cela qui me gêne.

Interview François Delpla historien et auteur de "Hitler" (Grasset, 1999).

Il publie en mars 2005
"Les tentatrices du diable.
Hitler : la part des femmes"
(Archipel).

Consultez son site :
http://www.delpla.org

Le film "La Chute" retrace-t-il avec véracité historique la fin de vie d’Adolf Hitler ?

- Je le trouve un peu faible sur ma spécialité : l’idée qu’Hitler était un grand calculateur, intelligent, capable de manipuler les gens, aussi bien son entourage que des grands chefs d’Etat. Le caractère d’artiste et de metteur en scène n’est pas mis en valeur. En tout cas, pas au point de ce que j’ai pu trouver lors de mes recherches, comme dans mes découvertes récentes. Hitler a su mettre en scène sa mort. Tout a été fait en un calcul politique, dans un jusqu’au-boutisme. Le film ne le rend pas suffisamment.
Le film présente Hitler comme un pauvre malheureux et comme un vilain destructeur. Cependant, Hitler met beaucoup de cinéma quand il donne des ordres de destruction. Il a envie de mourir car son pari a échoué. Il ne veut pas survivre dans une Allemagne médiocre.
Il lui prédit un grand avenir si elle continue à refuser les juifs sur son territoire.
J’aime bien ce film car il présente Hitler comme un membre de l’espèce humaine. Je ne dis pas qu’il l’humanise : la personnalité d’Hitler répudie le caractère même de l’humanité, au sens de générosité, de compassion. "La Chute" ne le présente pas comme un extraterrestre, c’est un bon point.

Comprenez-vous le malaise de certains en Allemagne pour qui il est choquant "de faire le portrait d’une personne qui est responsable de la mort de 40 millions de gens" ?

- Je comprends tout à fait. C’est la même compassion que pour les victimes qui appellent à la peine de mort. Le film a l’avantage de montrer un Hitler qui va aux toilettes. Ce n’est pas insultant pour l’espèce humaine. Je rejoins Eric Emmanuel Schmitt dont "La part de l’autre", ouvrage sur Hitler dont je ne partage pas tous les points de vue, affirme qu’Hitler est la part de l’autre qui est en nous. Il a tout à fait raison.

Le rôle d’Eva Braun est mis en valeur par le film. Qu’en pensez-vous ?

- Nous ne savons pas ce qui se passait dans la tête d’Adolf Hitler.
Par contre, nous connaissons les volontés d’Eva Braun : elle a fait elle-même un pari sur le mariage et elle le réalise. Elle est un peu comme lui, elle va jusqu’au bout.
Quant à Hitler, il s’y décide dans les derniers jours, voire les dernières heures. Le mariage n’est pas annoncé avant le matin. On ne sait pas si la décision prise a été claire du côté d’Hitler. Ce mariage est l’objet d’un calcul politique. Il fait fusiller avant ses noces son futur beau-frère, agent de liaison d’Himmler traitant avec les Britanniques. En épousant Eva Braün, il convainc les Américains et les Alliés que la brouille est sérieuse avec Himmler. Il y a une grande part de mise en scène de sa propre histoire.
Il a toujours affirmé que son épouse est l’Allemagne. En épousant Braün, il s’affranchit de cette union et devient ainsi libre. Ce qui souligne son sacrifice.

Propos recueillis par Séverine De Smet

Article du MONDE 04/01/05

"La Chute" : l’évocation ambiguë d’un démon allemand

Oliver Hirschbiegel retrace les dernières heures du Troisième Reich, en direct du bunker d’Adolf Hitler. Une vision de l’histoire qui suscite la polémique.

Des extrémistes de droite jouent à la seconde guerre mondiale en costume SS, de l’autre côté de la frontière tchèque ; une grande chaîne hôtelière va construire un établissement de luxe sur l’Obersalzberg, où Hitler aimait passer des vacances ; sorti en septembre en Allemagne (Le Monde du 17 septembre), le film Der Untergang (La Chute), qui retrace la fin du IIIe Reich vue du bunker de la chancellerie, a enregistré plus de quatre millions d’entrées et doit concourir pour les Oscars. http://pubs.lemonde.fr/RealMedia/ads/click_lx.ads/CULTURE-LEMONDE/articles_culture/exclu/1021822293/Middle/default/empty.gif/63316639323063373366356465306630
http://pubs.lemonde.fr/RealMedia/ads/click_lx.ads/CULTURE-LEMONDE/articles_culture/exclu/1021822293/Middle/default/empty.gif/63316639323063373366356465306630Quel lien entre ces trois informations ? Entre des détraqués politiques qui n’ont rien oublié et rien appris, des investisseurs du tourisme qui privilégient la beauté d’un site face aux séquelles de l’histoire et le succès d’un film où sont reconstitués les douze derniers jours du Führer et de ses acolytes ? Rien, a priori, si ce n’est ce rapport lancinant des Allemands à un passé qui ne passe pas.

Soixante ans après l’effondrement du régime nazi, il n’est pas possible d’affronter ce passé d’une manière candide, même si des hommes politiques, des écrivains, des metteurs en scène s’y essaient. La maîtrise du passé, cette Vergangenheitsbewältigung, qui est presque passée telle quelle dans toutes les langues tant elle est difficilement traduisible, n’a pas de fin. La tentation est pourtant forte, non de tirer un trait sur le passé, mais de l’examiner avec distance, comme s’il était un objet d’étude parmi d’autres. Bernd Eichinger, le producteur de La Chute, déclare : "Si ce film a une valeur, c’est qu’il ne porte pas de jugement de valeur."

Mais ça ne marche pas. Immédiatement quelqu’un se lève pour reprocher cette apparente objectivité. Wim Wenders critique cette absence de "position, d’opinion" à propos du fascisme et d’Hitler, qui aboutit, selon lui, à "édulcorer" la réalité.

Il n’y a rien à redire au film sur le plan des faits, de leur exactitude, à quelques exceptions près, dues aux nécessités du tournage. Le 45e Congrès des historiens allemands en est convenu, qui lui a consacré une journée de débats. Le producteur et scénariste s’est appuyé sur le livre de l’historien Joachim Fest Les Derniers Jours d’Hitler (2002, Perrin) et sur les Mémoires de la secrétaire d’Hitler, Traudl Junge (2002). Mais cette précision n’apporte rien de nouveau. Comme l’a dit le critique Marcel Reich-Ranicki, paraphrasant l’humoriste Kurt Tucholsky : "Tout avait été raconté, mais pas par tout le monde." "Factuellement exact, dramatiquement tiède", juge Der Spiegel. Ça n’a pas empêché l’hebdomadaire d’Hambourg de consacrer sa couverture et dix-sept pages au film au moment de sa sortie en Allemagne. Car Hitler est un bon produit d’appel, pour les journaux, les éditeurs et les émissions de télévision, que ce soient les documentaires ou les innombrables talk-shows.

L’"HISTORIQUEMENT CORRECT"

Le livre de Joachim Fest et les Mémoires de Traudl Junge ont été longtemps en tête des meilleures ventes. La Bild Zeitung a publié une série sur les derniers jours d’Hitler et le scénario du film s’est arraché avant que quiconque ne l’ait vu. Le théâtre Volksbühne, à Berlin, vient de monter une revue intitulée L’Ultime Show : Good Bye Adolf Hitler, avec ce slogan : "L’Afrique du Sud a des diamants. Le Koweït est bâti sur du pétrole. Et l’Allemagne ? L’Allemagne a son passé. Certes, il pue un peu, mais à part ça il a un vrai marché. Hitler fait vendre !"

La dérision cache parfois la mauvaise conscience ou le rappel de ce que les jeunes générations ont de plus en plus tendance à nommer pour le rejeter l’"historiquement correct". C’est-à-dire l’idée d’une responsabilité collective dans la tragédie du national-socialisme (ce qui ne veut pas dire culpabilité collective). Or le film d’Oliver Hirschbiegel ne donne à voir du peuple allemand que ses souffrances, provoquées par l’écroulement des rêves mégalomanes du Führer, rejoignant une tendance récente dans le débat public allemand.

Ainsi serait-il temps de s’intéresser aux Allemands en tant que victimes, de leurs dirigeants ou de leurs ennemis. Günter Grass a consacré un roman au torpillage par les Soviétiques en janvier 1945 du paquebot Wilhelm-Gustloff, avec 9 000 réfugiés à son bord (La Marche du crabe, Seuil). Le livre de Jörg Friedrich, Der Brand (L’Incendie, éd. de Fallois), a relancé la controverse sur le bombardement des villes allemandes par les Alliés. On pourrait multiplier les exemples.

Ainsi serait-il temps aussi de s’intéresser à "l’homme Hitler". "A-t-on le droit de ressentir de la sympathie pour Hitler ?", se demande la Frankfurter Sonntagszeitung, afin de briser un tabou. Quel tabou ? "La question est-elle de savoir si l’on doit présenter Hitler comme un éléphant ou comme un chameau ?", s’amuse Marcel Reich-Ranicki. La réponse a été donnée depuis longtemps par l’historien et écrivain Golo Mann : "Il ne faut pas se résoudre à écrire la biographie d’un coupable de meurtres en masse. Comment il passait ses soirées, quelle musique il préférait, s’il buvait plutôt du bordeaux ou du champagne ; tout ça ne nous intéresse pas ; ça n’a aucune pertinence." Ça ne dit rien sur le national-socialisme et la Shoah.

Le film d’Hirschbiegel sort à un moment où le thème du patriotisme revient dans la politique allemande. Le chancelier Gerhard Schröder et la chef de l’opposition, Angela Merkel, peuvent déclarer de concert au cours d’un débat au Bundestag : "Nous aimons notre pays." Dans les années 1970, le président de la République fédérale d’alors, Gustav Heinemann, auquel on demandait s’il aimait l’Allemagne, répondait : "J’aime ma femme."

Ce regain de patriotisme, qui n’a rien en soi d’anormal, est l’envers du malaise qui atteint aujourd’hui la société allemande. Après les quarante ans de République de Bonn, oasis de démocratie dans l’histoire tourmentée de l’Allemagne, quinze ans après la réunification, les Allemands s’interrogent sur leur place dans le monde, leurs performances économiques, leur système social. Inquiets pour leur avenir, ils regardent vers le passé, pour y trouver soit un réconfort, soit des contre-exemples.

Avis ses internautes

Critique de Nicolas

Film à conseiller ++++,on voit bien l’ horreur que subit le peuple allemand sous les attaques des communistes,passage assez choquant mais qui exprime la réalité pas toujours connu de tous le monde.

Critique de J. Beausergent

Film remarquable quoiqu’en disent les juifs. Ce film ne décrit effectivement que les derniers jours d’Hitler et d’autres oeuvres existent pour décrire et déplorer les 6 millions de juifs ignominieusement assassinés par les nazis ( la Shoah de Lanzman etc.) Le réalisateur le note en plein écran à la fin du film et souligne également que ce conflit a fait 50 millions de morts au total. Ce n’est donc pas nier la Shoah que de ne pas la déplorer sans cesse. Quand à trouver Hitler " trop humain " ben oui, c’est tout à fait crédible que par moments, lui et sa clique qui étaient charnellement faits comme nous, dont certains étaient même bons pères et bonnes mères de famille ( les Goebbels ) aient été capables dans quelques rapports avec des humains de se comporter normalement. L’inconvénient pour leurs contemporains c’est que ces individus fanatisés, imprégnés d’une idéologie sortie des enfers aient été de véritables démons pour l’humanité y compris par contre coup pour leur propre peuple. Si Mitterand a eu le cynisme de dire " que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ", Goebbels le nabot boiteux ( on se demande comment il a pu faire 7 enfants à sa femme ) a eu l’infâme cynisme de dire " je n’ai pas de commisération pour le peuple allemand, car s’il a su s’en remettre à nous pour le conduire, il connaissait les risques ... Qu’il ne se plaigne donc pas aujourd’hui de se faire couper la gorge ! ) Je suis convaincu qu’aujourd’hui que dans toutes les démocraties ou qui se prétendent telles, des politiques de quelque bord qu’ils soient sont tout à fait capables de cynisme eux aussi ... tout n’est qu’une question de circonstances ... Que les détracteurs du film se rassurent, Hitler et ses sbires n’apparaissent que ce qu’ils sont, des monstres dont on peut regretter qu’ils n’aient pas tous eu une fin aussi terrible que leurs victimes.

Critique de Anthony

Bravo. Un 3e Reich en décrépitude, un führer qui croulant sous la menace russe sombre dans la folie et la paranoïa... Le malaise est constant. Doit-on penser "c’est bien fait ce qui lui arrive" ou alors "le pauvre homme passe des heures difficiles" ? Hitler est présenté comme un homme fragilisé et se laissant parfois aller aux larmes. Mais comment éprouver de la compassion pour un tyran si cruel qu’il avoue que le peuple, celui-là même qui l’a mis au pouvoir, n’a aucune importance pour lui, qu’il est faible ? Le malaise subsiste jusqu’à la fin. Une ambiance malsaine de suicide collectif montre le fanatisme profond des suivants du führer. Ce film est très bien réalisé, les acteurs proposent des prestations exceptionnelles. Merci au réalisateur de n’avoir pas choisi de montrer à visage découvert le cadavre d’Hitler, laissant ainsi les choses à leur place. Un film qui remplit parfaitement son rôle. Que les juifs s’apaisent, même si l’holocauste n’est pas mentionné dans le film, un récapitulatif des victimes, dont les 6 millions de juifs, est présenté. Et comment terminer mieux le film qu’en faisant parler Traudl Junge, la secrétaire de Hitler elle-même ?

Critique de Michel

De remarquables performances d’acteurs Les scènes de combats dans les rues de Berlin:cela pose aussi(dans l’histoire du peuple allemand)une vision des horreurs et des héroïsmes qui restent dans la mémoire des Allemands d’aujourd’hui. Film didactique ? certainement pas. Utilisation par les scolaires (français ou allemands)à préparer avec le plus grand soin. Les nazillons n’y trouveront pas matière à apologie. De préférence voir le film en VO(sous-titrée)car il faut tout faire pour éviter que cette démarche cinématographique courageuse ne vire dans le cartons des mauvaises série B sur la 2è guerre mondiale. Eviter de dire n’importe quoi....sans être allé voir le film d’abord. Sortirait en DVD en mars en Allemagne ? L’amnésie partielle de la secrétaire est trouble car elle vient en écho à une certaine amnésie populaire....Ce point curieux (à rapprocher du succès en salle ?)mérite d’être creusé.

Critique de Jean Pat

Enfin un film qui montre comment un monstre put exister dans un être humain ! Le cinéma a beaucoup trop le défaut de montrer des pantins : le bon, la brute, le truand... Or les monstres mangent, dorment, vont aux toilettes, caressent leur chien, parlent parfois gentiment à leurs proches ou leurs employés. Qu’on ne taxe pas le metteur en scène de ce film de complaisance ! L’idéologie nazie est parfaitement condamnée dans ce film, ainsi que le mépris profond pour le peuple de tous les responsables de l’époque et la compassion ou l’attendrissement présentés comme un défaut majeur... J’ai appris beaucoup de choses dans ce film, il répond en partie à la question : "mais comment cela fut-il possible ?". A voir en VO absolument ! L’accent bavaro-autrichien pris par Bruno Gans est fabuleux de vérité !

Interview mit Bruno Ganz

Weshalb haben Sie die Herausforderung angenommen, Hitler zu spielen ?

Nachdem mir Bernd Eichinger das Drehbuch sowie das Buch von Joachim Fest geschickt hatte, schaute ich den Film "Der letzte Akt" von G.W. Pabst aus dem Jahr 1956 an. Dieser Film überzeugte mich, dass man Hitler wirklich spielen kann – in diesem Fall verkörpert von dem Bühnendarsteller Albin Skoda. Sonst schaut man ja immer auf die Unterschiede zum Original, aber diese Darstellung verselbständigte sich, und ich sah diesem Hitler zu und dachte, das ist keine Parodie, das ist Schauspielerei ! Man kann sich durch Fantasie und Lektüre also herantasten an dieses merkwürdige Gebilde Hitler. Zu sehen, dass das möglich ist, war für mich ganz entscheidend. Beim Casting in München war ich selbst verblüfft, wie nahe ich Hitler – rein äußerlich – kam. Und dann hat mich ein ganz simpler, schauspielerischer Ehrgeiz gepackt, und ich wollte die Rolle übernehmen.

Wie beurteilen Sie die Gewichtung dieser Thematik in unserer Gegenwart ?

Ich sehe nicht, dass das Honig für Neonazis wäre, und Altnazis spielen politisch keine Rolle mehr. Der Film zeigt auf eine wirklich rüde Weise den Untergang des Regimes. Schonungslos. Und selbst wenn es Situationen gibt, die man menschlich nachvollziehen kann, und Hitler nicht immer nur das Zeichen „Massenmörder“ auf der Stirn trägt, so ist das Weltbild dieser Figuren doch dermaßen absurd und wahnsinnig, dass ich denke, dieses Land und dieser Staat sind gefestigt genug, um diesen Film auszuhalten. Es geht eher um diese Faszination für den dunkelsten Abgang, der damals betrieben wurde, für diesen makaberen Sog, jenseits von aller Politik, für die Ästhetik der Nazis und ihrer Mission.

Was genau meinen Sie mit dieser Faszination ?

Mich hat immer Hitlers Aufstieg, sein Verhältnis zum Volk und noch mehr das des Volks zu ihm interessiert. Wir sehen hier nur Hitlers letzte Tage – und selbst in seinem auch körperlichen Zerfall gibt es noch äußerst stabile Machtverhältnisse. Er kann noch immer anordnen, Menschen liquidieren zu lassen, und keiner würde je einen solchen Befehl missachten. Man ahnt, dass das ein Mann war, der im Vollbesitz seiner Kräfte über eine ungeheuer verführerische Seite verfügt haben muss – er war nicht der Komiker, über den wir heute lachen, wenn wir seine Reden hören, und auch nicht der Wahnsinnige – das ist zu wenig.

Welche war die schwierigste Situation, die Sie zu spielen hatten ?

Ich erinnere mich an eine Szene sehr deutlich, als ich dieses Kind auf dem Schoß hatte, und es sang das Lied „Kein schöner Land in dieser Zeit“ – und man weiß, dieses Kind wird kurz danach von seinen eigenen Eltern, der Familie Goebbels, getötet. Das war schrecklich. Da möchte man eigentlich sofort weglaufen. Es gab auch andere schwierige, harte Szenen und Dialoge, wie z.B. massive antisemitische Äußerungen. Aber als ich mich entschieden habe, diese Rolle zu übernehmen, war mir klar, was das bedeutet.

Welche Hoffnung verknüpfen Sie mit diesem Film ?

Ich sehe, dass wieder ein Diskurs auflebt über diese Zeit, auch literarisch, mit Günther Grass zum Beispiel, mit Büchern über das versunkene Schiff, über die Bombardierung deutscher Städte, darüber, dass Deutsche auch Opfer waren. Unser Film redet von den Tätern, von schrecklich verloren-todessüchtigen. Von äußerster Gewalt, von Ideen und Manipulationen. Auch das gehört zu diesem Diskurs.

Quelle : Constantin

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